Global Voices en Français » Pakistan : Au Sud-Waziristan, une autre sorte d’exode
Petite photo du traducteur
Les réfugiés ont fui vers Dera Ismail Khan et Tank, les deux principales villes de la Province Frontière du Nord-Ouest à la limite du Sud-Waziristan. Les travailleurs humanitaires ont indiqué que l'accès des réfugiés à l'aide restait le défi crucial pour les autorités, étant donné la situation volatile de la région en matière de sécurité. Le gouvernement nie l'existence d'une crise des réfugiés, disant qu'il a pris des dispositions pour les déplacés, y compris ...
un système de distribution d'allocations et de produits alimentaires. Monter des camps n'était pas faisable, en partie du fait des craintes de violences tribales liées aux rivalités traditionnelles. Les personnes déplacées sont pour la plupart logées par des membres de leur famille ou de leur clan (..) J'espère que l'armée pakistanaise réussira une fois encore et éradiquera le mal une fois pour toutes, pour que nous ne revivions pas de nouvelle crise de réfugiés.
La crise du Waziristan paraît très différente de celle de la vallée de Swat. Indépendamment du nombre de personnes déplacées, l'aspect le plus important qui demeure, c'est la façon de traiter et de contrôler la population pour éviter les infiltrations des talibans dans les camps. Mais l'agitation que l'on rapporte chez les habitants et l'absence de véritables camps rendent extrêmement difficile le recueil de l'information.
Comment la population sera t-elle différenciée d'avec les terroristes, et plus particulièrement, comment la tribu Mehsud sera-t-elle isolée des Mehsud activistes?
Ce ne sont là que quelques-unes des nombreuses questions que se posent la plupart alors que se déroule la bataille. Bien que la population paraisse soutenir l'offensive, les inquiétudes sur le traitement des personnes déplacées et la façon de prévenir une crise humanitaire persistent. Sur son blog,[47] l'auteur de ce billet a évoqué ces préoccupations et publie une analyse de la situation actuelle et des problèmes à saisir à bras-le-corps :
Le fait est que l'attitude des autorités et de l'opinion en général à l'égard des Mehsud est marquée par la prudence et la crainte plutôt que la compassion et la prévenance. Un tel préjugé ne fait que renforcer la position des talibans, en alimentant le recrutement depuis les rangs des Mehsud. Mais la guerre ne peut être gagnée si la population du Waziristan reste indifférente à la nécessité de combattre les talibans et leur organisation. Si elle ne se gagne pas les coeurs de la population, la victoire de l'armée ne sera que temporaire. Si nous voulons que ce soit un coup décisif, il nous faut surmonter nos incertitudes et laisser la compassion l'emporter sur le préjugé. Des situations de désastre comme celle-ci nous imposent de nous dresser comme une nation. Etendons notre appui aux déplacés du Waziristan, sans égard à leur passé et à leur soutien aux talibans. C'est notre chance d'aider notre peuple à se libérer des chaînes des talibans. Prenons ensemble le chemin du salut.
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